Le 25 avril 2026, la Guadeloupe a perdu l’une de ses plus grandes figures féminines. Mme George Tarer, née le 5 juin 1921 à Morne-à-l’Eau, s’est éteinte après avoir consacré plus d’un siècle de sa vie au service des autres, de la justice sociale et des droits des femmes.

Pionnière dans le domaine de la santé, George Tarer restera dans l’histoire comme la première sage-femme guadeloupéenne diplômée, après une formation brillante suivie en métropole. En 1944, elle sort major de promotion, à une époque où les femmes, et plus encore les femmes noires, devaient lutter pour trouver leur place dans une société encore profondément marquée par les inégalités.

Durant quarante années à l’hôpital, elle ne s’est pas contentée d’exercer son métier avec professionnalisme. Pour des milliers de familles guadeloupéennes, elle fut une présence rassurante, une femme de caractère, profondément humaine, qui accueillait la vie avec dignité, courage et bienveillance, parfois dans des conditions difficiles et précaires.

Très tôt, elle s’engage dans les combats sociaux et féministes. En brisant les tabous autour de la contraception et de la santé reproductive, elle permet à de nombreuses femmes de reprendre le pouvoir sur leur corps et leur avenir. Son engagement se poursuit au sein de l’Union des Femmes Guadeloupéennes (UFG), organisation dans laquelle elle mène des actions de sensibilisation, participe aux mobilisations et défend sans relâche l’accès à l’éducation, à la santé et aux droits fondamentaux.

Militante de terrain, George Tarer a toujours placé l’humain au cœur de son combat. Même engagée en politique, aux côtés d’Henri Bangou à la mairie de Pointe-à-Pitre en tant qu’adjointe au maire, elle est restée fidèle à ses valeurs, défendre les plus fragiles, écouter, agir et faire avancer la société avec justice et solidarité.

Décorée de la Légion d’honneur, elle n’a pourtant jamais cherché la reconnaissance pour elle-même. Jusqu’à la fin de sa vie, elle demeure cette femme debout, libre et engagée, symbole de courage et de détermination.

Au CIDFF, son parcours résonne comme une véritable source d’inspiration. George Tarer représente la preuve qu’une seule personne, portée par des convictions fortes et une volonté inébranlable, peut transformer durablement une société.

Aujourd’hui, son héritage demeure vivant dans la mémoire collective guadeloupéenne. Elle laisse derrière elle bien plus qu’une carrière exceptionnelle, elle laisse un chemin, une voix, une force qui continueront d’inspirer les générations futures.

Merci, Madame TARER d’avoir ouvert la voie. 

Le CIDFF Guadeloupe vous rend cette hommage avec respect et gratitude.